Manisfestation R.N 2

Pourquoi je ne participe pas à la manifestation du 20 septembre

 

Alors qu’au départ je n’étais pas hostile au principe de cette manifestation du 20 septembre 2009, le caractère de récupération politique qui est apparu au fur et à mesure de l’organisation m’a déterminée il y a quelques semaines à ne pas participer à ce blocage de la RN2. En effet, Rémi Pauvros n’a cessé de mettre le prétendu désengagement de l’Etat au cœur de la question de l’aménagement de la RN2. Or, si la section Beaufort-Avesnes n’a pas été programmée par l’Etat dans le cadre du plan de relance, c’est parce que la Région socialiste n’a pas mis la part qui était sollicitée à l’instar des autres régions françaises. Le Département (également socialiste) a refusé de compléter le financement. Quand on sait cela, on comprend pourquoi le maire de Maubeuge a déclaré que le 20 septembre, on se contenterait d’envoyer un signal à l’Etat, et de faire la fête… mais qu’on ne parlerait pas de financement. L’argent est pourtant, je crois, le nerf de la guerre, et donc le cœur du problème. On comprend aussi pourquoi le président de l’Agglo a dit que c’était à l’Etat d’organiser le tour de table… Alors que c’est évidemment aux élus du territoire de le faire, en assumant leur devoir de lobbying !

 

L’argumentaire des socialistes sambriens au sujet la RN2, compétence de l’Etat, qui devrait être forcément financée par le seul Etat a été contredit par Christophe Di Pompéo lui-même, qui a noté au cours d’une conférence de presse que « l’Université » de Maubeuge serait financée par la Région… alors qu’elle n’est pas de la compétence de cette dernière, mais de l’Etat.

 

Les habitants du territoire n’ont que faire de ces querelles politico-juridiques. Ils payent des impôts, à la Région, au Département, à l’Etat… Quelle que soit la collectivité, c’est l’argent de leurs impôts. Ils ont droit que cet argent leur revienne pour financer la RN2. 

 

L’histoire se répète. Au début des années 90, le socialiste Umberto Battist avait crié au scandale quand on avait utilisé des crédits européens pour la mise à 2x2 voies de la RN 49 : « C’est à l’Etat de prendre ces investissements à sa charge, puisque cette route est une nationale. » Heureusement, on n’a pas écouté Umberto Battist. Sinon, ce qui s’appelle aujourd’hui la RD 649 serait toujours une petite route où il est impossible de doubler un tracteur.

 

Aujourd’hui, Rémi Pauvros est dans le rôle d’Umberto Battist. Si nous voulons que la RN2 soit à 2x2 voies, il faut espérer qu’on n’écoutera pas Rémi Pauvros, comme on n’avait pas écouté Umberto Battist. Plutôt que de polémiquer ou de manifester, décidons tous ensemble de prendre l’argent là où il est, pour le ramener sur le territoire. C’est en tout cas la ligne que je m’imposerai.

 

 

Christine Marin,

Député du Nord