La Voix du Nord - Une élue UMP en territoire hostile
Une élue UMP en territoire hostile
mercredi 29.10.2008, 05:08 - La Voix du Nord
Christine Marin « assume complètement » les réformes lancées par Nicolas Sarkozy. Mais doit composer sur le terrain avec des élus socialistes auxquels elle reproche de l'écarter des projets locaux.
Il est des élus de la majorité qui ont du mal à assumer les mesures impopulaires du gouvernement : Christine Marin n'est pas de ceux-là. La députée UMP, qui remettra en décembre à J.-Fr. Copé un rapport sur les professions réglementées, a voté toutes les lois présentées par la majorité depuis un an. « J'assume pleinement mes choix », dit-elle en citant pour exemple la loi sur l'immigration : « Je l'ai votée et je l'ai votée à deux mains ». Les franchises médicales, le paquet fiscal, la réforme de la carte judiciaire ou encore la suppression de 11 000 postes dans l'Éducation nationale, autant de mesures qu'elle soutient malgré les répercussions sur sa circonscription : « On ne peut pas tenir deux langages, un ici et un à Paris ».
Tout ceci, associé à des querelles de personnes plus anciennes, lui vaut quelques inimitiés de la part de certains élus. Si elle semble travailler sereinement avec les maires des communes rurales (elle a obtenu de l'État près de 300 000 E en un an pour des villages sambriens), on ne peut pas en dire autant des communes urbaines à majorité socialiste.
« Il est malade ? »
Dans ce contexte, son meilleur ennemi s'appelle Rémi Pauvros, grand pourfendeur du « désengagement de l'État », un registre « démagogique » aux yeux de la députée. Le maire de Maubeuge ne l'avait pas épargnée lors de la rentrée des militants socialistes (La Voix du 27 septembre). Une sortie que Ch. Marin ne parvient toujours pas à comprendre, du fait de sa conception particulière des joutes politiques : « Il n'y a pas d'élections en ce moment. Moi, je n'attaque pas le président de l'Agglo quand il n'y a pas d'élections. » En lisant le journal, poursuit-elle, « je me suis dit "qu'est-ce qui lui prend ? Il est malade ?" On avait pourtant bossé ensemble sur des projets. » Il aura fallu attendre, pensait-on, qu'une tornade s'abatte sur la Sambre pour que les élus locaux de tous bords parviennent enfin à travailler main dans la main. En fait, non. Selon la députée, les choses avaient bien commencé mais ont rapidement viré à l'aigre : « Je me disais que ça pouvait marcher, je voyais Pauvros et Wilmotte main dans la main. Mais pour R. Pauvros, la tornade, c'était Maubeuge, Maubeuge, Maubeuge. Je lui ai dit que c'était quand même à Hautmont qu'il y avait des morts. Je pense qu'il aurait préféré être maire d'Hautmont... » La députée regrette également de ne pas avoir été consultée lors de la répartition des dons entre les quatre communes.
Au-delà de cet épisode, Ch. Marin estime être tenue à l'écart des décisions prises par l'Agglomération Maubeuge val de Sambre. « On ne veut pas m'associer, dit-elle. Je vais peut-être aller faire un tour à un conseil d'Agglo pour voir ce qui s'y passe. » •
FLO. M.
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